Léiomyosarcome


Fin 2010, je sentais une douleur au niveau du tibia droit. La sensation persistant, j’ai du me résoudre (avec les encouragements de ma femme car j’avais alors un peu trop tendance à négliger ma santé...) à consulter mon généraliste.

Celui-ci constata que la douleur en question était localisée sur un point précis au niveau supérieur du tibia, juste sous la rotule. Il m’envoya donc faire des examens complémentaires (Radiographie + échographie). En première apparence, un kyste fut suspecté. Néanmoins, ma mère, son instinct lié à sa profession de vétérinaire et connaissant mes antécédents, suspecta vite quelque chose d’autre. Au début elle envisagea un «Ostéosarcome» ou cancer des os.

Après examens complémentaires (IRM et scanner) à LYON au centre Léon Bérard spécialisé dans les Cancers, il était toujours difficile d’établir un diagnostic. L’avis d’un chirurgien spécialisé dans les tumeurs osseuses influença la décision de pratiquer une biopsie. Celle-ci révéla une tumeur primitive de haut grade encore plus rare que celle que j’avais eu 30 ans auparavant et le verdict fut vite établit : 


il s’agissait d’un «Léiomyosarcome» intra-osseux ou Cancer des tissus mous (muscles, viscères, graisses..) mais logé dans l’os. Un cas d’étude pour le corps médical.

Après réunion d’un groupe de médecins spécialisés (chirurgien, oncologue, radiologue...) il fut décidé que je devais subir chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie de par l’agressivité de cette tumeur.

Je fus donc hospitalisé au service d’orthopédie de l’hôpital Edouard Herriot à Lyon et opéré dans la foulée. J’eus la chance que cette opération ait eu lieu en 2011. En effet, les techniques modernes ont permis de conserver ma jambe. Quelques années en arrière, une amputation aurait été envisagée.

Le chirurgien, véritable génie technique a réussi à enlever la totalité de la tumeur avec des marges de sécurité adéquates de tissus sains afin de s’assurer de la non contamination des tissus à proximité par la tumeur. Cela ne se fit pas sans mal...

Pour parvenir a cette exérèse , il dut sectionner le tendon rotulien (permettant la marche). Afin de compenser cette perte (car non réparable), il prit le muscle externe gauche de la face postérieure de ma jambe et le rabattit à la place du tendon. Afin de combler la cavité laissée par l’exérèse, il combla avec du ciment chirurgical ainsi qu’une broche et des vis au travers de toute la jambe.

L’opération dura 5 heures et je suis resté deux semaines hospitalisé à la suite d’une complication (infection d’une partie de la cicatrice et reprise chirurgicale en conséquence).

Ce ne fut pas une partie de plaisir mais malgré les douleurs, les désagréments de l’hôpital et grâce au soutien de ma femme et de ma mère qui venaient tous les jours me rendre visite, j’ai tenu le coup! Je dois aussi rendre hommage au personnel hospitalier qui a été aux petits oignons avec moi.


Quelques mois après cette phase, il fut décidé de mettre en place pour 6 cures la chimiothérapie au centre Léon Bérard. Un protocole lourd et puissant appelé API-AI composé d’Adryamicine, d’Ifosfamide et de Cisplatine nécessitant un hospitalisation de 2-4 jours à chaque fois. Les effets de la chimiothérapie sont terrifiants : nausées, fatigue, perte des cheveux et des poils, problèmes digestifs... c’est une expérience assez traumatisante et difficile à vivre.

Après chimiothérapie, la mise en place d’une radiothérapie fut écartée du fait de ma prédisposition au cancer et des effets radio-induits (possibilité de développer d’autres cancers par l’irradiation). Il fut également décidé que la fréquence de ma surveillance post Léiomyosarcome se tiendrait au strict minimum pour les mêmes raisons (les examens de contrôle impliquent des rayons (radiographie, scanner...).

© Pierre-François TRIBOULIN 2015