La fatigue


La fatigue est un élément important dans le traitement du cancer et de ses suites. Il ne s’agit pas d’une fatigue « classique » que n’importe quel individu lambda pourrait subir mais de quelque chose de beaucoup plus profond que les malades subissent. Avant de moi même en avoir les effets, lorsque j’avais des discussions avec d’autres patients, je ne comprenais pas toujours ce dont ils voulaient parler. J’avais même tendance à croire qu’ils exagéraient. 

Je décrirais que cette fatigue s’articule sous différents aspects : un aspect physique qui fait que l’on se sent comme vidé de toute son énergie et que le moindre effort demande l’impossible…

Le second aspect est psychologique. En effet on est comme démotivé, désabusé. Tout nous semble terne. Sans aller jusqu’à parler de dépression, le terme de fatigue psychologique est bien approprié.

Pour faire face à cette fatigue, malheureusement je n’ai pas trouvé de solution miracle et durable. Cependant je gère ces « effets secondaires » de la maladie à ma façon. Je dirais que chacun doit trouver sa propre méthode. En ce qui me concerne je pense qu’il faut se « faire violence » et avancer. Cela de différentes façons. L’activité physique est essentielle pour surmonter cette fatigue. J’ai donc opté par des séances de kiné pour me maintenir physiquement. A côté, il ne faut pas hésiter à bouger (marche à pied, promenades, courses…) quotidiennement. Un bon sommeil est également essentiel. De bonnes nuits ainsi qu’une sieste quotidienne (après déjeuner pour ma part). Il faut également s’alimenter de façon équilibrée (même si quelques écarts font parfois du bien :-) ). 

Je résumerais donc « ma méthode » comme un mode de vie sain et quotidien.

Sur le plan psychologique, rester en contact avec ses proches et amis est essentiel. L’appui d’un psychologue/psychiatre peut également aider à palier aux angoisses liées à la maladie auxquelles on est confronté tous les jours.

J’ai aussi la chance d’avoir une fille en bas âge qui m’oblige à avoir une vie rythmée quotidiennement. C’est un vrai moteur et une motivation sans équivalent pour m’en sortir.

© Pierre-François TRIBOULIN 2015