Nouveau revirement de situation


Ce vendredi 5 décembre comme convenu j’avais rendez-vous avec l’assistant du Professeur Ray-Coquard pour évoquer les modalités d’accès à la thérapie ciblée. 

Dès le début de la consultation l’assistant nous annonce que finalement à la suite de la réunion du comité sarcome (réunion pluri-disciplinaire des médecins spécialisés sur la maladie) il y avait un nouveau revirement de situation.

Etant donné mon mauvais état général, la toxicité importante de la thérapie ciblée et l’évolution de la maladie on ne peut se permettre d’attendre d’hypothétiques résultats. La situation est urgente et il faut ralentir rapidement la maladie et ses effets par une action immédiate même si cela ne la stoppe pas. Par ailleurs une irradiation de la plèvre semble impossible à cause de la taille de la lésion qui semble avoir augmentée sur le scanner.

Il a donc été convenu que je reparte sur un protocole de chimiothérapie me garantissant un meilleur état général et de qualité de vie. Cela afin de permettre ensuite une autre solution dans de meilleures conditions.

Ce protocole sera basé sur du GEMZAR (GEMCITABINE) associé à du DETICEN (DACARBAZINE). J’aurai une injection tous les 15 jours en hôpital de jour pendant 4 cycles. Ensuite mi-janvier je passerai un scanner pour évaluer l’efficacité du protocole et je verrai le Professeur Ray-Coquard en consultation afin d’envisager la suite.

Je dois dire que je suis surpris par ce revirement soudain mais plutôt satisfait de faire ces cures (malgré leurs effets indésirables importants et désagréables). En effet, actuellement je suis tellement mal que cela ne pourra m’apporter que davantage de confort de qualité de vie, d’autant plus en cette période de fin d’année ou j’aimerais passer Noël en famille dans les meilleurs conditions possibles.

Pour m’aider à supporter les chimio malgré mon état général bien dégradé, il a été décidé d’y associer des granocytes (médicaments donnant un coup de fouet aux globules blancs). Seul hic, cela implique des injections régulières y compris les 24 et 25 décembre…

Je crois que ce qui est le plus dur dans cette maladie est de tenir dans la durée. En effet, il n’y a pas de répit. On passe d’une cure à une autre sans interruption et le corps enchaîne, enchaîne et re-enchaîne continuellement. C’est épuisant… Mais il faut tenir et faire face au crabe qui de son côté n’attend qu’un relachement de ma part pour attaquer et poursuivre son travail destructeur. Le cancer est une maladie lache et traitre qui épuise ses victimes pour les tuer à petit feu. Il faut donc rester debout. Heureusement j’ai la chance énorme d’être entouré de ma fille de 19 mois et de ma femme qui tous les jours me motivent et me soutiennent avec une force sans commun, y compris dans les moments les pires et les plus difficiles…

Je continue donc le combat et espère que cette chimiothérapie me permettra de retrouver quelqus ressources pour mieux affronter le crabe avec plus de forces.

© Pierre-François TRIBOULIN 2015