Abandon de Pembrosarc (immunothérapie), début de thérapie ciblée


Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les effets secondaires liés à la baisse brutale des corticoïdes ainsi que la progression de la maladie ont fait que finalement il a fallu se résoudre à abandonner l’idée de démarrer le protocole. Il aurait fallut finalement dans tous les cas descendre le niveau de corticoides à 0 ce qui était impossible dans mon cas en si peu de temps. 

Tout a commencé à rapidement s’enchaîner dans la descente aux enfers. Samedi 30 janvier je me suis retrouvé avec une impossibilité totale d’uriner. Tout a été essayé sous forme médicamenteuse pour résoudre ce probème très contraignant. Malheureusement tout a échoué et il a fallut se résoudre à me mettre en place une sonde urinaire sous réserve de graves complications. Ce n’est pas une partie de plaisir mais dans certains cas certains gestes s’avèrent indispensables malgré leur côté dégradant. Par ailleurs petit à petit j’ai commencé à sentir un engourdissement de tout mon bassin, mon ventre et mes jambes. Je l’ai rapidement signalé aux équipes du week-end. 

Les fins des semaines les équipes sont réduites et le CLB fonctionne au ralenti. Il faut attendre le début de semaine pour pouvoir bénéficier de l’avis de médecins et d’examens complets comme il se doit. C’est un réel problème les week-end et le soir. Le CLB devrait vraiment se doter d’un vrai service d’urgence et renforcer ses équipes sur ces créneaux car il y a une réelle demande. 

Le Lundi matin j’ai rencontré le Dr Chvetzoff spécialiste de la douleur et tout de suite elle a diganostiqué un syndrome de compression médulaire au niveau de la vertèbre D5 qu’on avait irradié quelques mois auparavant et pour elle il n’y avait qu’une solution pour ralentir ce grave problème qui va entraîner un paralysie à court ou moyen terme : reprendre une forte corticothérapie.

Après discussion avec le Professeur Ray-Coquard il a donc été décidé de reprendre une corticothérapie à haute dose (120mg le matin et le soir) et de vite démarrer une chimiothérapie dite ciblée : le PAZOPANIB. 

Dès le jour même la première dose de corticoîdes a été injecté et le mardi 2 février au matin la chimiothérapie a démarré. C’est une chimio qui se prend sous forme de cachets et dont la toxixité peut être importante notamment en provoquant des hémorragies. 

Dans le même temps je sentais ma jambe droite s’affaiblir fortement m’empêchant de marcher et nécessitant un accompagnement pour toute tâche nécessitant de la mobilisation. On m’a donc confié un déambulateur ce qui est très humiliant une fois de plus à mon âge. J’ai par ailleurs davantage besoin de l’aide des soigants pour me déplacer ne serait-ce que pour aller dans ma salle de bain. Quand aux déplacements ils ne peuvent désormais se faire qu’en fauteuil roulant de préférence avec oxygène. Peut-être ensuite avec des cannes ?

Je n’ai donc plus qu’une chose à faire, espérer que la combinaison corticoîdes/PAZOPANIB sera efficace et me permettra de sortir de cette très mauvaise situation. En effet j’ai maintenant totalement conscience que la paralysie commence et que la situation sera bien plus grave si la chimio n’est pas efficace bien qu’il existe d’autres « armes » mais toxiques donc difficilements supportables vu mon état général très affaibli.

L’espoir est donc maintenant avec ce nouveau protocole ma seule arme… avec le soutien de ma cancérologue.

© Pierre-François TRIBOULIN 2015