Evolution



La fin...

C’est avec une immense douleur que je vous annonce que Mon amour Pierre-François TRIBOULIN nous a quitté le 20 mars 2016 en fin d’après midi entouré d’amour après s’être battu « comme un lion » contre la maladie. On t’aime PF, nous ne t’oublierons jamais...

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Abandon de Pembrosarc (immunothérapie), début de thérapie ciblée


Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, les effets secondaires liés à la baisse brutale des corticoïdes ainsi que la progression de la maladie ont fait que finalement il a fallu se résoudre à abandonner l’idée de démarrer le protocole. Il aurait fallut finalement dans tous les cas descendre le niveau de corticoides à 0 ce qui était impossible dans mon cas en si peu de temps. 

Tout a commencé à rapidement s’enchaîner dans la descente aux enfers. Samedi 30 janvier je me suis retrouvé avec une impossibilité totale d’uriner. Tout a été essayé sous forme médicamenteuse pour résoudre ce probème très contraignant. Malheureusement tout a échoué et il a fallut se résoudre à me mettre en place une sonde urinaire sous réserve de graves complications. Ce n’est pas une partie de plaisir mais dans certains cas certains gestes s’avèrent indispensables malgré leur côté dégradant. Par ailleurs petit à petit j’ai commencé à sentir un engourdissement de tout mon bassin, mon ventre et mes jambes. Je l’ai rapidement signalé aux équipes du week-end. 

Les fins des semaines les équipes sont réduites et le CLB fonctionne au ralenti. Il faut attendre le début de semaine pour pouvoir bénéficier de l’avis de médecins et d’examens complets comme il se doit. C’est un réel problème les week-end et le soir. Le CLB devrait vraiment se doter d’un vrai service d’urgence et renforcer ses équipes sur ces créneaux car il y a une réelle demande. 

Le Lundi matin j’ai rencontré le Dr Chvetzoff spécialiste de la douleur et tout de suite elle a diganostiqué un syndrome de compression médulaire au niveau de la vertèbre D5 qu’on avait irradié quelques mois auparavant et pour elle il n’y avait qu’une solution pour ralentir ce grave problème qui va entraîner un paralysie à court ou moyen terme : reprendre une forte corticothérapie.

Après discussion avec le Professeur Ray-Coquard il a donc été décidé de reprendre une corticothérapie à haute dose (120mg le matin et le soir) et de vite démarrer une chimiothérapie dite ciblée : le PAZOPANIB. 

Dès le jour même la première dose de corticoîdes a été injecté et le mardi 2 février au matin la chimiothérapie a démarré. C’est une chimio qui se prend sous forme de cachets et dont la toxixité peut être importante notamment en provoquant des hémorragies. 

Dans le même temps je sentais ma jambe droite s’affaiblir fortement m’empêchant de marcher et nécessitant un accompagnement pour toute tâche nécessitant de la mobilisation. On m’a donc confié un déambulateur ce qui est très humiliant une fois de plus à mon âge. J’ai par ailleurs davantage besoin de l’aide des soigants pour me déplacer ne serait-ce que pour aller dans ma salle de bain. Quand aux déplacements ils ne peuvent désormais se faire qu’en fauteuil roulant de préférence avec oxygène. Peut-être ensuite avec des cannes ?

Je n’ai donc plus qu’une chose à faire, espérer que la combinaison corticoîdes/PAZOPANIB sera efficace et me permettra de sortir de cette très mauvaise situation. En effet j’ai maintenant totalement conscience que la paralysie commence et que la situation sera bien plus grave si la chimio n’est pas efficace bien qu’il existe d’autres « armes » mais toxiques donc difficilements supportables vu mon état général très affaibli.

L’espoir est donc maintenant avec ce nouveau protocole ma seule arme… avec le soutien de ma cancérologue.

Un début d’année trés difficile


La nuit du 31 décembre au 1er janvier a été particulièrement difficile. En effet j’avais une toux très importante m’empêchant de dormir correctement. Par ailleurs une fièvre élevée en fin de nuit (5h-6h du matin) de l’ordre des 39-40°C. A côté de cela j’avais une fatigue importante. Cela faisait un moment que ça durait malgré les médicaments et ça devenait insupportable. En effet toutes les nuits étaient similaires et au bout d’un moment le manque de sommeil s’est fait sentir pour moi et ma femme. Sur les conseils de celle-ci j’ai donc contacté le Centre Léon Bérard pour trouver une solution.

J’ai donc été hospitalisé pour sortir de cette situation. Ils m’ont fait une batterie d’examens pour comprendre d’où venaient ces désagréments importants. Au final la toux s’expliquait par une infection pulmonaire et la fièvre était liée à la maladie, autrement dit néoplasique. 

Par ailleurs je manquais de fer et mes globules rouges étaient bas. Je manquais donc d'oxygène ce qui expliquait la fatigue. J’étais en anémie.

On m’a donc placé sous une double dose d’antibiotiques, du paracetamol codéiné pour calmer la toux et la fièvre. J’ai également été transfusé en sang et en fer. J’étais sous oxygène pour m’aider à être confortable au niveau de la respiration. 

Cela a duré jusqu’au 14 janvier et ensuite à la maison avec des infirmières libérales pour continuer de perfuser les antibiotiques et corticoïdes.


Alors que je pensais que les choses étaient rentrées dans l’ordre, j’ai commencé à avoir des douleurs dans le dos et des difficultés respiratoires. 

Dimanche 24 janvier alors que je participais à un repas de famille, j’ai été pris d’un malaise. Mon coeur s’est mis à battre fort. Mon pouls est monté à 250 et s’est stabilisé à 190-200.

Ma femme à contacté le CLB qui nous a dit de me donner un traitement. Seul problème je n’avais pas de traitement en particulier pour ça.  Elle a ensuite contacté le SAMU. Au bout d’une demi heure pas de nouvelles. Elle les a rappelés. Ils nous avaient oublié et ont répondu qu’ils envoyaient des secours. Heureusment que je ne faisais pas une crise cardiaque… 20 minutes après les pompiers de Décines n’étaient toujours pas là. Elle les a rappelé et ils lui ont expliqué que comme un match de foot était prévu sous peu au nouveau stade de Décines, les pompiers du secteur étaient occupés et qu’ils envoyaient un équipage de Genas. L’attente était longue et angoissante d’autant plus que le pouls ne descendait pas.

Les pompiers ont fini par arriver près d’une heure après notre premier appel au samu. Ils ont procédé à une suite d’examen et m’ont mis sous oxygène puis m’ont transporté à l’hôpital cardiologique de Lyon, seul hôpital susceptible de me recevoir dans l’immédiat. Pour indication il devait être 13h ce qui est assez surprenant concernant les possibilité d’accueil du Centre Léon Bérard. Peut-être devraient t-ils créer un service d’urgence y compris la nuit et le week-end car il y a beaucoup de demande et il s’agit (la cancérologie) d’un domaine bien particulier que la plupart des hôpitaux ne savent ou ne veulent pas gérer étant donné que les patients sont traités dans d’autres centres.

Progressivement, le pouls a fini par se stabiliser. En arrivant à l’hôpital il était quasi revenu à la normale bien qu’un peu haut. Les soignants ont procédé à un ensemble d’examens (ECG…) et ont fini par conclure qu’il s’agissait d’un problème néoplasique et qu’ils ne pouvaient pas faire grand chose de plus d’autant plus qu’il n’avaient pas connaissance de mon dossier. Ils ont donc contacté le CLB qui bizarrement à ce moment là avait une chambre de disponible et ma femme m’y a transféré.

Durant la soirée et les jours qui ont suivi il a été procédé à une batterie d’examens (scanner, consultation avec le cardiologue….). Et tout semblait normal. En revanche il a été détécté une anémie. J’ai donc été transféré. 

Concernant le mal de dos on m’a mis une pompe à morphine pour soulager. Ce dispositif m’a permis de stoper la douleur en revanche la morphine n’est pas sans effets secondaires et ceux-ci sont très désagréables. Il existe des médicaments pour y faire face mais c’est loin de tout régler.

A côté de ces soucis de douleurs il a été détecté des carences en albumine (j’ai donc eu plusieurs perfusions pour palier à cette carrence). Par ailleurs il a été convenu qu’on diminue les corticoïdes à 15 pour le 1er février afin de pouvoir peut-être intégrer le programme d’immunothérapie « Pembrosarc ». Ce n’est pas une mince affaire, particulièrement pour moi qui suis cortico-dépendant et les effets secondaires sont très difficiles à gérer (difficultés respiratoires notamment). Du coup pour m’aider à « faire face » on m’a mis sous oxygène. Maintenant j’attends de pouvoir rejoindre ce programme qui on l’espère tous sera efficace et fera reculer la maladie. Celle-ci progresse et cela devient très préocupant... 

Première cure de chimie GEMZAR/DETICEN et grosse aplasie


Ce lundi 7 décembre j’avais rendez-vous à 8h au service d’hospitalisation ambulatoire du Centre Léon Bérard pour ma première cure de chimiothérapie à base de GEMZAR/DETICEN. Pour commencer, mauvaise surprise, on m’annonce que les perfusions dureront 6h. Etant donné qu’il faut un certain temps pour que les chimios soient prêtes (toujours préparées à la commande pour chaque patient le jour même) j’ai alors compris que j’allais y passer la journée. J’avais l’habitude que le gemzar seul dure une demie heure…

La semaine s’est passée normalement bien que je sois très fatigué. Vendredi 11 Décembre j’ai été pris de violents spasmes, vomissements et malaises. Ma femme (je salue une nouvelle fois son courage, sa force et l’importance qu’elle a pour moi) a pris les devants et tout organisé avec l’appui de l’entourage, notamment mon médecin généraliste dont je suis proche afin que je sois hospitalisé. Le soir même ma mère et son conjoint m’ont transporté d’urgence et je me suis retrouvé en chambre au Centre Léon Bérard. Ca a été l’horreur tout le week-end. J’étais plié en deux par les spasmes et les douleurs. Lorsque je suis arrivé, d’office on m’a mis un cathéter dans le bras et on ma fait des hémocultures ainsi qu’un bilan sanguin sur cette voie auxiliaire et sur ma voie centrale (PAC) afin de détecter une quelconque infection. Dans la foulée on m’a branché en perfusion avec des antibiotiques à titre préventif pour prévenir toute infection. 

Résultat : aplasie et globules rouges insuffisants. Le lendemain j’ai donc été transfusé et on m’a perfusé les antibiotiques appropriés ainsi que des stimulants (granocytes que j’avais déjà commencer à la maison pour limiter les risques d’apalsie) pour remonter mes globules blancs et sortir d’aplasie. Par ailleurs j’ai commencé à être pris de violentes quintes de toux ce qui n’a pas arrangé les choses.

Grâce aux traitements je suis doucement sorti d’aplasie mais très affaibli. Il a néanmoins été considéré que je pouvais rentrer chez moi bien que très fatigué ce mardi 15 décembre. Ma femme toujours présente pour moi est venue me chercher. Très secoué par cet épisode, la prochaine cure de chimio qui devait se faire le lundi 21 a donc été reportée au lundi 28 le temps que je récupère un peu et me laisser un peu de repos. Cela me permettra aussi de passer les fêtes plus tranquillement.

Lors de mon "séjour" à l’hôpital les assistants du professeur Ray-Coquard sont passés me voir. Ils m’ont indiqué qu’on arriverait pas à me guérir de la maladie mais qu’on essayait de la ralentir voir avec un peu de chance de la stabiliser avec cette nouvelle chimio toxique. Du fait de mon état général très faible, les doses vont être re-adaptées pour que je puisse mieux tolérer ce protocole. Ceci dit il m’a égalament été indiqué de faire attention au quotidien à toute forme d’infections, bactéries, virus…. En effet du fait de mon état général très dégradé, une complication pourrait facilement arriver et m’être fatale…

 

Nouveau revirement de situation


Ce vendredi 5 décembre comme convenu j’avais rendez-vous avec l’assistant du Professeur Ray-Coquard pour évoquer les modalités d’accès à la thérapie ciblée. 

Dès le début de la consultation l’assistant nous annonce que finalement à la suite de la réunion du comité sarcome (réunion pluri-disciplinaire des médecins spécialisés sur la maladie) il y avait un nouveau revirement de situation.

Etant donné mon mauvais état général, la toxicité importante de la thérapie ciblée et l’évolution de la maladie on ne peut se permettre d’attendre d’hypothétiques résultats. La situation est urgente et il faut ralentir rapidement la maladie et ses effets par une action immédiate même si cela ne la stoppe pas. Par ailleurs une irradiation de la plèvre semble impossible à cause de la taille de la lésion qui semble avoir augmentée sur le scanner.

Il a donc été convenu que je reparte sur un protocole de chimiothérapie me garantissant un meilleur état général et de qualité de vie. Cela afin de permettre ensuite une autre solution dans de meilleures conditions.

Ce protocole sera basé sur du GEMZAR (GEMCITABINE) associé à du DETICEN (DACARBAZINE). J’aurai une injection tous les 15 jours en hôpital de jour pendant 4 cycles. Ensuite mi-janvier je passerai un scanner pour évaluer l’efficacité du protocole et je verrai le Professeur Ray-Coquard en consultation afin d’envisager la suite.

Je dois dire que je suis surpris par ce revirement soudain mais plutôt satisfait de faire ces cures (malgré leurs effets indésirables importants et désagréables). En effet, actuellement je suis tellement mal que cela ne pourra m’apporter que davantage de confort de qualité de vie, d’autant plus en cette période de fin d’année ou j’aimerais passer Noël en famille dans les meilleurs conditions possibles.

Pour m’aider à supporter les chimio malgré mon état général bien dégradé, il a été décidé d’y associer des granocytes (médicaments donnant un coup de fouet aux globules blancs). Seul hic, cela implique des injections régulières y compris les 24 et 25 décembre…

Je crois que ce qui est le plus dur dans cette maladie est de tenir dans la durée. En effet, il n’y a pas de répit. On passe d’une cure à une autre sans interruption et le corps enchaîne, enchaîne et re-enchaîne continuellement. C’est épuisant… Mais il faut tenir et faire face au crabe qui de son côté n’attend qu’un relachement de ma part pour attaquer et poursuivre son travail destructeur. Le cancer est une maladie lache et traitre qui épuise ses victimes pour les tuer à petit feu. Il faut donc rester debout. Heureusement j’ai la chance énorme d’être entouré de ma fille de 19 mois et de ma femme qui tous les jours me motivent et me soutiennent avec une force sans commun, y compris dans les moments les pires et les plus difficiles…

Je continue donc le combat et espère que cette chimiothérapie me permettra de retrouver quelqus ressources pour mieux affronter le crabe avec plus de forces.

Grosse déception, thérapie ciblée en perspective


Ce mercredi 2 décembre j’avais rendez-vous à l’hôpital Mermoz pour un scanner en vue du protocole d’immunothérapie PEMBROSARC. Dans la matinée même je reçois un appel de l’assistant du Professeur Ray Coquard pour me dire qu’il souhaiterais me voir après le scanner pour signer des papiers relatifs au protocole et faire le point sur 2-3 détails. 

Le scanner passé (résultats vendredi 4 décembre car sera mis en comparaison avec le dernier scanner réalisé au Centre Léon Bérard) je me suis donc rendu au CLB.

J’ai alors rencontré l’assistant qui m’a alors indiqué que le protocole d’immunthérapie ne pourrait être mis en place pour moi dans l’immédiat du fait du refus du promoteur du projet de m’y intégrer. En effet, je suis sous corticoïdes pour mon confort de vie (régulation de l’inflamation, confort respiratoire et pulmonaire…) et le protocole implique aucun corticoïdes pour pouvoir être validé. 

C’est une grosse déception pour moi car on m'a laissé entendre depuis un moment que j’allais entrer dans ce protocole plutôt prometteur malgré les corticoïdes. Je dois donc dire que je tombe de haut.

Dans la foulée, il m’a été proposé une thérapie ciblée (inhibiteur de MD2). Cependant cette thérapie est totalement expérimentale (essai de phase 1 : tests sur l’homme après animaux). Je vais donc faire le cobaye. Selon l’assistant l’étude PROFILER (analyse du profil génétique de ma tumeur) qui avait été faite sur moi aurait donnée de nouveaux résultats. Chez moi le gène P53 ne serait pas altéré et permettrait de ce fait une réponse intéressante scientifiquement de cette thérapie. Néanmoins si elle fonctionne cela ne pourra durer qu’un temps car les cellules auraient la facultée d’apprendre et de finir par contourner la thérapie.

Nous avons ensuite évoqué les effets secondaires de cette thérapie. Ils semblent aussi contraignants qu’une chimiothérapie au niveau de la toxicité (altération des globules blancs et rouges, plaquettes, grosse fatigue…) et nécessitent une surveillance accrue au Centre Léon Bérard (environ 3 fois par semaine assorties d’examens complémentaires réguliers : ECG, prises de sang….).

Je devrais en savoir plus ce vendredi lors de la consultation avec l’assistant du Professeur Ray Coquard ainsi qu’une interprétation du scanner de ce mercredi. Je devrais par ailleurs avoir confirmation pour l’entrée dans ce protocole car rien n’est encore sur à 100%, le promoteur du projet doit également donner son aval….


Il est assez navrant de voir que beaucoup de chances de survie sont une histoire d’argent car finalement malgré les efforts des centres de lutte contre le cancer comme le Centre Léon Bérard pour intégrer les patients dans certains protocoles, au final ce sont les promotteurs, autrement dit les labos qui ont le dernier mot sur l’intégration ou non des patients dans les protocoles. 

Sur un autre plan, je suis très remonté contre le service des urgences et de HAD du Centre Léon Bérard. En effet, ils se permettent de « jouer » avec les corticoïdes comme d’un produit miracle sans consulter les dossiers des patients ce qui permettrait de constater que cela peut poser problème. Dans mon cas, cela me porte un préjudice important dans le sens ou ça me bloque l’intégration à l’immunothérapie. 

Le service de HAD et des urgences a de réels et sérieux problèmes d’organisation qui mériteraient un peu de remise en question sur ce qui est essentiel : le patient. Par ailleurs ils sont très compliqués à joindre. Le patient (dans mon cas heureusement que ma femme est là pour tout gérer) doit lui même passer son temps à surveiller tout au niveau du matériel livré, des ordonnances conformes, médecins qui ne se mettent pas en lien avec votre oncologue référend qui lui connait bien votre dossier et ses particularités… Bref beaucoup de stress la ou on est censé être soulagé par le fait d’être à domicile et par une soi disant prise en charge par un service qui se prétend "service à part entière" du Centre Léon Bérard.


Dans le beaucoup plus positif je souhaite rendre hommage à ma femme qui est toujours présente pour moi et me soulage beaucoup dans sa gestion experte de toutes ces contraintes lourdes et permanentes. Le rôle de l’accompagnant est très important et peu souvent mis en valeur. C’est une place très ingrate et peu de personnes se rendent compte des efforts, et de la fatigue sans répit que cela implique. Certains se permettent même des jugements faciles en s’imaginant que cette place est limite « tranquille » , que l’accompagnant a beaucoup de temps pour lui. En attendant en plus de m’accompagner et tout ce que cela implique, ma femme s’occupe également de notre fille en bas âge sans se plaindre et avec forte implication lorsque je suis plus bas que terre. Que ceux qui se permettent des jugements échangent leur place avec elle ne serait ce qu’une semaine, je suis sur qu’ils aborderaient alors les choses avec un peu plus de recul, de réflexion et reverraient leur jugement... 


HAD


Ce mardi 24 novembre j’avais rendez-vous avec le Dr Sunyach pour faire le point sur mon hospitalisation à domicile. La radiothérapie au niveau des vertèbres commence à me soulager ainsi que les divers traitements antalgiques puissants (morphine, corticoïdes…). Cependant des douleurs importantes subsistent au niveau de la cage thoracique ainsi que de l’oppression respiratoire. J’ai par ailleurs beaucoup de fatigue à laquelle j’ai beaucoup de difficultés à faire face et un bilan sanguin plutôt médiocre. Au niveau de la perte de poids, il est très compliqué de la freiner ou de la stabiliser. Cela est principalement lié à l’inflammation très importante. Il ne semble pas qu’il y ait grand chose à faire à part rapidement entamer les traitements (immunothérapie) et espérer que cela fonctionne. 

Bien que la médecin soit inquiète quand à mon état général très dégradé, il a été convenu de diminuer progressivement les traitements antalgiques au vu de l’effet de la radiothérapie et dans la perspective prochaine de la mise en place du nouveau traitement. La semaine prochaine je passe un scanner et j’ai une consultation avec le Professeur Ray-Coquard afin de mettre en place le procole.

Au qutotidien l’hospitalisation à domicile à le bon côté de me permettre d’être avec ma femme et ma fille. En revanche, subsitent les contraintes de l’hôpital : pefusions la nuit, soins infirmiers…

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Je dois dire que cela faisait un moment que je n’avais pas été aussi mal. La perte de poids importante m’affecte et m’effraie beaucoup.  En effet j’ai conscience que c’est l’épuisement induit par l’inflammation, la perte de poids… qui finit par tuer dans cette maladie. J’ai donc une grande espérance dans ce nouveau traitement même si je sais que je me lance dans l’inconnu total. Il faut aller vite!

Par ailleurs se retrouver dans un état dégradé est assez difficile à accepter. Le moindre effort est un calvaire. Cette fatigue qui ne me quitte pas, les douleurs, les perfusions, le port à cath branché, le corps qui maigrit…

Je me dis que en cette période proche de noël les miracles peuvent arriver et j’ai grande confiance dans le Professeur Ray-Coquard qui j’en suis sur me tirera de ce sale passage. 

En attendant tous les jours ma fille (qui m’a déjà prouvé que les miracles existent en naissant) et ma femme sont auprès de moi tous les jours et me permettent de supporter l’insupportable. Grace à elles j’ai réussi jusqu’à maintenant à défier le crabe et à le combattre de toutes mes forces. Une fois de plus elles sont mes plus importantes alliées car depuis le début c’est un combat que nous menons en équipe soudée. 

Si je devais donner une définition au mot famille ce serait ce que je vis tous les jours avec elles. 

Une épreuve de plus...


Ce dimanche 15 novembre j’ai fait plusieurs petits malaises dans l’après-midi. Comme cela faisait plusieurs jours que je perdais du poids, que ma fièvre et mes douleurs persistaient, nous avons donc décidé avec ma femme et sur conseil de ma radiothérapeuthe de m’emmener aux urgences du Centre Léon Bérard pour trouver une solution, la situation devenant trop compliquée. 

Il a été décidé de me placer en HAD (hospitalisation à domicile) avec perfusion tous les soirs. Pour me soulager, des doses importantes de cortisones m’ont été prescrites. Par ailleurs ce mardi 17 je suis retrourné au Centre Léon Bérard pour me faire transfuser. En effet mon extrême fatigue semblait liée à une baisse importante de l’hémoglobine.

Par ailleurs des compléments alimentaires m’ont été prescrit pour compenser la baisse de poids importante (8kg en 10 jours)

Je devrais reprendre les rayons au niveau de la plèvre une fois la fièvre terminée et remis sur pieds. 

Radiothérapie


Ce mardi 3 novembre j’avais ma première séance de Cyberknife (technique de radiothérapie très précise pour lésions mal placées). Cela n’est pas douloureux. En revanche l’appareil est impressionnant. On reste allongé sur le dos sans bouger pendant une heure durant laquelle un bras articulé fait le tour de vous en délivrant ses rayons. 

Aujourd’hui (jeudi 5 novembre), 2ème séance effectuée, pas d’amélioration de la situation. j’ai toujours des douleurs importantes qui augmentent (effet secondaires de la radiothérapie au début) en permanence malgré les antalgiques ainsi que de la fièvre. Vivement que les rayons agissent, c’est très pénible et épuisant. 

Je reverrai en consultation le Dr Sunyach (radiothérapeute) mardi prochain (10 novembre) afin de discuter de la suite (irradiation des nodules sités sur la plèvre).

Radiothérapie en vue


Lundi 19 octobre j’avais rendez-vous au Centre Léon Bérard pour mon scanner d’évaluation. Le résultat est mauvais. En effet, tous les nodules ont grossi, notamment ceux situés sur la plèvre. Par ailleurs un nodule préocupant est apparu sur la 4ème vertèbre (en plus dela 5ème) et est à traiter rapidement car se il rapproche également dangeureusement de la moelle épinière. 

Mercedi 21 octobre j’avais rendez-vous avec mon oncologue en consultation. Celle-ci a confirmé l’intérêt et l’urgence de la radiothérapie au vu des douleurs qu’entraînent mes nodules et surtout par leur progression inquiétante vers la moelle épinière. Les douleurs étant insupportable il a été convenu entre elle et le Dr Chvetzoff (médecin spécialisé dans le traitement de la douleur) qu’on doublait la dose d’antalgiques, notamment la morphine. Par ailleurs, les médecins vontse réunir en réunion pluri-disciplinaire pour rediscuter de la faisabilité de la radiothérapie au vu des nouveaux élements du scanner et la commencer dès que possible.


© Pierre-François TRIBOULIN 2015